de FLACHAIRE de ROUSTAN le Dim 21 Déc 2008 20:35
Le summum de la lâcheté est de se réfugier derrière l’anonymat quand on n’a le courage ni de ses actes, ni de ses paroles, ni même de ses votes.
Ce corbeau ne mérite que le mépris des lecteurs ; Quant à son origine réelle, inutile de chercher une explication dans les dictionnaires d'histoire de la langue ! Cette expression trouve en fait ses origines dans les années 20, suite à un fait divers qui s'est déroulé dans la ville de Tulle, en Corrèze, entre 1917 et 1922. Une véritable nuée de lettres anonymes s'abat alors sur la ville : tout le monde est visé et tout le monde finit par suspecter tout le monde.
On finit par inculper et juger une hystérique... La presse s'empare de l'affaire, qui tient la France en haleine pendant des semaines.
C'est le journal ''Le Matin'' qui donnera naissance à l'expression, en décrivant l'accusée comme un corbeau, dans ses vêtements noirs de deuil : un ''oiseau funèbre qui a replié ses ailes''.
Quelques années plus tard sortira le film d'Henri-Georges Clouzot, ''Le Corbeau'', réalisé pendant l'Occupation, et qui dépeint l'ambiance lourde de la France de Vichy. Lâcheté, mesquinerie et délation sont au menu...
Le film tourne justement autour d'une affaire de lettres anonymes.
Le succès de l'œuvre de Clouzot fera définitivement passer le mot ''corbeau'' dans le langage courant pour désigner ce type de délateurs.
Mais la réponse est peut-être plus ancienne...
Dans le mythe de la naissance d'Esculape, premier médecin de l'humanité, fils du dieu Apollon et de la mortelle Coronis. Cette dernière était enceinte d'Esculape, et trompait son mari Apollon avec un mortel, dans un jardin entouré de hauts buissons. C'est un corbeau, animal blanc à l'époque, qui dénonça anonymement l'adultère. Apollon le reconnut pourtant, et dans une crise de jalousie il assassina Coronis qui mit au monde Esculape avant son dernier souffle. Il décida surtout de punir le corbeau pour sa vilaine action en rendant son plumage noir à tout jamais.
C'est depuis ce mythe ancestral qu'on a coutume d'appeler les délateurs des corbeaux et d'attribuer à ces volatiles un mauvais augure.
J’espère malgré tout pour cet internaute qu’il n’est pas d’une confession qui a malheureusement tant souffert de lettres anonymes pendant la guerre car si tel était le cas il se renierait lui-même et ses frères par la même occasion.
Quoiqu’il en soit, si tel n’est pas le cas il est tout aussi à plaindre car c’est le courage qui force l’admiration en politique et non la lâcheté.
En attendant, le train de ce vote multiple roule sur les rails de notre indifférence et vient buter contre le mur de notre mépris.
Pour conclure, ce personnage oisif a bien du temps à perdre et je lui conseille de relire PROUST car le titre de son célèbre ouvrage « A la recherche du temps perdu » qualifie merveilleusement son acharnement stérile.
Cyril FLACHAIRE de ROUSTAN