 Au cours des derniers jours, nous avons distribué aux buxangeorgiens un tract les alertant sur la dégradation rapide des finances de Bussy-Saint-Georges et la hausse importante d'impôts locaux qui en découle. Ce tract a provoqué une réponse véhémente et rompant totalement avec la bienséance qui sied au débat républicain, sous la forme d'un édito, sur le site de la mairie, signé de la main du premier adjoint M. Jean-Claude Lamagnère. Pierre Lafaye nous livre ici une réponse beaucoup plus mesurée :
"Monsieur le premier adjoint,
Réagissant à notre tract sur la situation financière de la ville et notamment aux augmentations d’impôts annoncées par la Chambre régionale des comptes (CRC), vous avez, Monsieur le premier adjoint au maire en charge des finances, produit un éditorial sur le site de la commune. Il a été relayé aussitôt par M. le Maire qui, sur son blog, a développé des arguties identiques, pour essayer de me faire passer pour un rigolo, un menteur voire un tricheur.
Quels torts Bussy en Action et moi-même avons eu ? Le tort d’avoir diffusé un tract aux Buxangeorgiens pour simplement leur rappeler ce que la CRC avait dit dans son rapport : il y a trop de dépenses, la ville est en incapacité d’emprunter en 2009, les impôts augmenteront de 28% minimum entre 2009 et 2011.
VISIBLEMENT NOUS AVONS TOUCHE LA OU CELA FAIT MAL !
Votre colère est justifiée par le fait que nous avons dévoilé une vérité sur laquelle vous aviez bien soigneusement oublié de communiquer sur le site Internet de la ville et sur le blog du Maire : le fameux rapport de la CRC.
Eh oui, Monsieur le premier adjoint depuis 12 ans vous gérez les finances de la ville avec le succès que l’on voit : un endettement vertigineux et des impôts locaux qui augmentent dans des proportions toutes aussi inquiétantes.
Et pour justifier cette situation peu reluisante, ce n’est pas tous les jours qu’une ville voit son budget géré directement par le Préfet, vous justifiez cet état de fait par la crise financière et la ville nouvelle, alors que vous savez pertinemment que les communes bien gérées ne sont plus touchées et se voient proposer des prêts par les banques (notamment DEXIA).
Vous arguez aussi du fait que vous êtes incapable de prévoir l’évolution de la situation financière de Bussy compte-tenu, entre autres, de la suppression de la Taxe professionnelle (TP). Certes, mais la ville est déjà en graves difficultés financières avant même que la TP ne soit supprimée. Il y a en effet de quoi craindre en l’avenir !
Pour vous, je devrais savoir tout cela car je suis Directeur général des services de la Mairie du Mée-sur-Seine. Puisque vous m’amenez sur ce terrain allons-y ! Le Mée-sur-Seine est une commune de 21000 habitants qui fut aussi ville nouvelle dans le cadre du SAN de Melun-Sénart. L’encours de la dette représente environ 20 M€ (pas loin de 80M€ à Bussy) et elle s’est désendettée au cours du précédent mandat. Les impôts n’ont pas augmenté depuis 2002, soit 7 ans. La ville est engagée dans un vaste programme de rénovation urbaine financé par l’État. Alors oui, c’est vrai elle a comme toutes les communes, à souffrir du désengagement de l’État. Mais contrairement à Bussy, elle regarde d’abord les économies de gestion qu’il est possible de faire avant de solliciter le porte-monnaie des habitants. Sa signature étant crédible, elle bénéficie de prêts sans aucune difficulté.
Il parait aussi, selon vos arguments ou ceux de M. Rondeau que tantôt je n’ai pas de programme et que tantôt j’en ai un mais tellement politiquement incorrect que je le cacherais.
Les Buxangeorgiens savent très bien que moi et mon groupe Bussy en Action avons un programme réaliste. Ce programme de redressement financier passe par beaucoup plus de rigueur que ce que vous pratiquez actuellement. Et croyez-moi, les Buxangeorgiens sont adultes et capables d’accepter de faire des efforts pour limiter l’endettement de la ville et la hausse des impôts.
Je n’ai pas honte de notre programme. Et les mesures que je propose ne sont pas une « goutte d’eau » par rapport aux besoins. Les petites rivières font les grands fleuves.
Si aujourd’hui nous étions aux responsabilités voici précisément ce que moi et la liste Bussy en Action entreprendrions.
Déjà nous prendrions l’engagement solennel auprès du Préfet et de la CRC d’engager un plan de redressement sur 5 ans. Nous supprimerions la cérémonie des vœux en tout cas dans sa forme actuelle car trop dispendieuse compte tenu de nos moyens. Nous renoncerions à la patinoire (47000€ HT). Nous ferions des économies au quotidien dans la gestion de la commune. Nous diminuerions nos indemnités d’élus (c'est un minimum quand on demande à la population de payer plus d'impôts). Nous remettrions en cause certains services à la population qui ne portent pas atteinte à la vie des familles et à la sécurité. Nous ferions passer le journal municipal à un bimestriel au lieu d'un mensuel. Nous limiterions de manière drastique nos frais de déplacement...
M. Lamagnère vous affirmez, concernant l’augmentation des impôts de 28% entre 2009 et 2010, que je mens. Mais dans le même temps, vous annoncez déjà dans le document préparatoire au Débat d’orientation budgétaire (DOB) qui doit être présenté au Conseil municipal du 10 décembre que les impôts augmenteront de 9% en 2010 ! Tout cela après avoir essayé de démontrer que c’était faux. M. Lamagnère, je ne suis pas devin, mais je sais lire. J’ai lu attentivement les recommandations de la CRC. Celle-ci a préconisé 10% d’augmentation des impôts en 2009 et 18% entre 2010 et 2011. Comme vous annoncez 9% en 2010, je puis sans trop d’efforts en déduire qu’en 2011 les impôts augmenteront encore de 9%, ce qui fera bien les 28% annoncés. Et j’ai la courtoisie de ne pas intégrer les 5% de 2008 … !
Je ne mens pas M. Lamagnère, je dis une vérité qui vous gêne car elle dénonce votre gestion.
Vous auriez pu épargner les lecteurs du site Internet de la ville, de vos propos outranciers à mon égard et vis-à-vis des Buxangeorgiens qui me soutiennent. Et ce, d’autant que pour ma part, je n’ai jamais tenu de propos violents à votre encontre. Ils démontrent votre mépris et votre conception de la démocratie. J’estime, pour ma part, qu’entre élus et sur le site de la ville surtout, les propos se doivent d’être corrects et respectueux. Respectueux pour l’élu que je suis tout comme vous, mais aussi pour les Buxangeorgiens qui m’ont fait confiance. Les mendiants que vous mentionnez à la fin de vos propos méritent tout autant le respect. Et plutôt que d’être livrés à la vindicte, ils demandent l’assistance.
J’aurais pu intenter une procédure judiciaire à votre encontre tant vos propos sont à la limite du diffamatoire. Malgré l’avis de mes avocats, j’ai décidé de ne pas le faire. D’abord parce que j’ai toujours préféré le débat d’idées aux joutes judiciaires, ensuite parce que soucieux des deniers publics, je ne souhaite pas que vous soyez obligé de demander la protection juridique de la commune. Cela aurait, une fois encore, contribué à alourdir les dépenses de notre ville.
Soyez assuré de mes sentiments Républicains.
Pierre Lafaye
Le 6 décembre 2009" |